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2001 - Branche toi sur les 48 heures

Bertrand, quels sont tes meilleurs souvenirs de ces 48 heures ?

Le hasard a fait que j’ai rencontré un autre Pionnier du Poste durant ces 48 heures. Je ne le savais pas avant de partir. D’ailleurs, je suis parti seul, emmené par la Maîtrise, en voiture. Ils m’ont lâché dans un paysage que je ne connaissais pas, avec pour tout bagage, mon sac à dos, que j’avais préparé soigneusement, une carte, et un itinéraire à réaliser. Et puis, lors d’un point de rencontre, je tombe sur ce Pionnier, avec qui, de prime d’abord, je n’aurai absolument pas voulu discuter. Je ne m’entendais pas vraiment avec lui. Et durant l’année, j’ai tout fait pour l’éviter. Je m’étais même dit que faire un camp avec lui, c’était vraiment galère.

Nous avons passé deux heures ensemble, à cheminer, avant que nos routes, à nouveau se séparent. Et je garde comme souvenir cette rencontre. Parfois, on se dit qu’on aimerait bien aller dans un hôpital ou dans une maison de retraite pour divertir les gens. Je ne pensais pas qu’on pouvait faire des découvertes au sein même du Poste. Par ignorance ? Durant ce bref échange, j’ai pu développer une réelle conversation avec lui. J’étais content, car nous étions plus libre de le faire, parce que nous étions hors du groupe. Ce groupe a trop l’habitude de juger sur les apparences et de sortir une blague ou une vanne pour paraître drôle. Ces 48 heures m’en ont fait prendre conscience.

Sinon, plein de petits détails font que je garde ces 48 heures comme l’un des moments les plus forts que j’ai vécu durant le camp :
- J’ai adoré être seul et pouvoir marcher à mon rythme. C’est un réel moment de liberté hors des contraintes du camp. On peut rêver tranquillement, observer ce qui bon vous semble, prendre du temps pour soi.

- Lorsque j’ai été fatigué de marcher, je me suis posé, à l’ombre d’une église, dans un petit village. Je voulais aller dans un café, mais il n’y en avait pas. Et là, j’ai tapé la discute avec les garçons qui jouaient là. Un autre moment fort. Jamais je n’aurais osé faire cela à Paris. Avec des inconnus !

- Etre seul, et devoir lire une carte ! Et quelle carte, avec l’itinéraire tracé par la Maîtrise ... Moi qui ne maîtrisais pas bien la topographie ... A de très nombreuses reprises, je me suis demandé comment faire.

Bertrand, peux-tu donner un Conseil à un Pionnier qui va faire ses 48 heures cette année ?

Ne pas trop chargé son sac à dos ! Et vivre l’expérience de la solitude si c’est possible. Je voulais être seul. Seul pour réfléchir. Seul pour marcher. Seul pour me prouver à moi même que je savais me débrouiller. Seul pour surmonter ma peur.

Bertrand, comment as-tu préparé tes 48 heures ?

Je m’étais fait raconté par les anciens du Poste ce qu’ils avaient fait pour leurs 48 heures. J’avais encore en mémoire le retour de ceux de l’année dernière. Et j’avais dit à la Maîtrise que je ne préparais pas mes 48 heures. Je ne voulais pas être avec mes copains. Et je voulais de l’imprévu. Pour le reste, j’ai fait confiance à la Maîtrise pour qu’elle me bâtisse un itinéraire à sa convenance. Je ne le regrette pas.


mardi 10 mai 2005.

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